face à la violence...

Publié le par la-dissemination-des-bulles.over-blog.org

Trois pistes contre la violence

 

Face à la tentation d’ « éradiquer la violence par la tyrannie » ou de s’en débarrasser par l’exclusion, la pédagogie peut tenter, d’abord et tout de suite, de « permettre l’affrontement des violences dans des conditions acceptables » (Daniel Sibony)… en agissant avec trois objectifs :

 

1)Différer

Mettre en place des dispositifs qui permettent de « différer », dans les deux sens du terme :

1.       Surseoir à la réaction immédiate : « Ta parole sera entendue, mais pas maintenant… A tel moment et dans telles conditions… » (contre « Ta parole ne nous intéresse pas ! »… ou « Tu peux tout dire tout de suite ! »)

2.       Autoriser chacun à se « décoller » des étiquettes et stéréotypes en identifiant ce en quoi il diffère et en valorisant ces différences.

 

 

2)Symboliser

Donner à l’élève les ressources nécessaires pour qu’il puisse :

1.       Etre capable d’utiliser des signes en interrogeant en permanence leur pertinence : pour nourrir le langage de l’inquiétude de la parole.

2.       Etre capable d’emprunter des images  pour figurer ses propres pulsions : afin de pouvoir les apprivoiser et les exprimer dans une forme « purifiée » (catharsis) de toute violence et qui permette, qui plus est, de s’inscrire dans « l’humaine condition ».

3.       Etre capable de se donner des modèles d’intelligibilité du monde, en conscience de leur caractère partiel et partial : afin de ne pas être contraint d’ « agresser » le monde pour entrer en relation avec lui.

 

 

3)Stabiliserer

… des collectifs capables de rendre possible la prise de parole. Passer de coagulations fusionnelles et pulsionnelles à des configurations capables d’interrompre la fuite en avant. Empêcher les personnes de « tomber les unes sur les autres ». Se dégager du « on » pour créer des articulations du « je » et du « nous »…

 

Apprendre à parler « en tant que »…

-          « j’ai un rôle, j’exerce une responsabilité,

-           je suis impliqué dans un projet,

-           je suis astreint à effectuer une tâche,

-           je suis membre d’un collectif,

-           je participe à « l’humaine condition ».

 

 

 

Permettre aux élèves d’apprendre nécessite une cohérence éducative au sein de l’école ou de l’établissement à construire…

•           avec les enseignants,

•           avec les cadres éducatifs, mais aussi les personnels administratifs et de service…

… dans le cadre de l’élaboration du projet d’établissement et du règlement intérieur.

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Source : à partir de la conférence « Que peut le pédagogie contre la violence ? », P. Meirieu, septembre 2009

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