METHODE PEDAGOGIQUE
"faut-il continuer à dégager les savoirs de toute implication pour les présenter de manière encyclopédique dans des lieux de formation spécifiques? Ou bien faut-il réarticuler les savoirs aux pratiques sociales de référence et retrouver avec les apprenants les situations "naturelles" qui leur donnent du sens? C'est là, très largement, le débat entre "méthodes traditionnelles" et "méthodes actives", cours magistral et pédagogie du projet. C'est aussi ce débat que veut dépasser la "pédagogie par alternance" en articulant la logique de la production qui produit du sens et la logique de la formation qui produit de la rigueur. C'est, enfin, ce débat qui permet de comprendre comment se positionnent les différentes méthodes pédagogiques en ce qui concerne le degré de didactisation qu'elles proposent"
Philippe MEIRIEU, http://www.meirieu.com
Une méthode pédagogique décrit le moyen adopté par l’enseignant pour favoriser l’apprentissage et atteindre son objectif. Le choix d’une méthode pédagogique se fait en fonction du profil de l’élève, de la complexité des savoirs à transmettre, des contraintes et des moyens (techniques, financiers, organisationnels, pédagogiques).
Cinq méthodes pédagogiques :
- La méthode expositive (transmissive, passive, magistrale)
- La méthode démonstrative
- La méthode interrogative (maïeutique)
- La méthode de découverte (active)
- La méthode expérientielle.
METHODE MAGISTRALE
L’enseignant transmet un contenu structuré et ses connaissances sous forme d’exposé : c’est le cours magistrale qui laisse peu de place à l’interactivité avec l’apprenant. L’enseignant est un expert du contenu, un détenteur de la vérité qui transmet l’information de façon univoque.
METHODE DEMONSTRATIVE
L’enseignant détermine le chemin pédagogique : il montre (démonstration), puis fait faire (expérimentation) pour que l’apprenant s’approprie le contenu, et dit ou fait dire (reformulation) pour évaluer le degré de compréhension.
Cette méthode est généralement utilisée dans les travaux dirigés où l’élève acquiert un savoir-faire.
METHODE INTERROGATIVE
La méthode interrogative s'inspire de la maïeutique de Socrate, la maïeutique étant "l'art d'accoucher les esprits". À travers des questions successives, l'apprenant développe un raisonnement progressif jusqu'à obtention de la bonne réponse.
L’élève possède des éléments de connaissance ou des représentations du contenu à acquérir. Le professeur guide les élèves à partir de questions posées, il part de ce que savent les élèves pour les mener par le biais de questions vers des connaissances nouvelles.
A l’aide d’un questionnement approprié, le formateur permet à l’élève de construire ses connaissances par lui-même ou de faire des liens et de donner du sens à ces éléments épars. L’élève est incité à formuler ce qu’il sait, ce qu’il pense ou bien ce qu’il se représente.
METHODE ACTIVE
Le prof met en place des « situations problèmes » que les élèves doivent résoudre par eux- mêmes.
Dans ce cas, c’est le Maître qui prépare les progressions, il va ajuster les obstacles pour permettre aux élèves d’apprendre. Si les obstacles sont trop faibles les élèves n’apprennent rien, à contrario les obstacles sont trop élevés, l’élève n’y parviendra pas.
Ces méthodes privilégient le processus d’appropriation des connaissances, les élèves sont complètement mobilisés psychiquement dans le problème à résoudre.
Ces méthodes nécessitent un effectif d’élèves réduit, on se rapproche des pédagogies différenciées.
L’enseignant crée un scénario pédagogique avec du matériel qui permet d’utiliser les essais, les erreurs, le tâtonnement pour apprendre. Il mobilise l’expérience personnelle de l’élève ou celle d’un groupe d’élève pour apprécier la situation et résoudre le problème avec leurs moyens. Le travail intra cognitif et le travail collaboratif entre pairs sont favorisés. Cette méthode suit l’enchaînement suivant : fait faire à l’élève, fait dire à l’élève puis l’enseignant reformule.
METHODE EXPERIENTIELLE
De nombreuses disciplines ou savoirs ne peuvent s’enseigner mais s’apprennent en faisant avec des personnes qui savent faire.
Le savoir est acquis par l’apprenant dans et par l’action en règle générale dans un projet réel. L’enseignant incite à la formalisation du savoir-faire par l’étudiant qui est le vrai producteur du savoir qu’il partage et réélabore avec d’autres.
C’est un processus pendant lequel les apprenants entrent en relation avec leur environnement pour découvrir une réalité concrète et signifiante.
Pour assurer l’efficacité de la démarche, il convient de passer par 3 étapes, définies par Kolb:
- l’expérience réelle
- la réflexion ou l’analyse critique du vécu
- la synthèse (publication de l’expérience ou application dans un autre contexte).
Durant la première étape, l’apprenant expérimente activement au lieu d’être placé en situation de récepteur de l’expérience des autres, telle qu’elle est interprétée par son enseignant. À l’étape suivante, en groupe, de façon individuelle ou avec l’animateur, l’apprenant dispose d’un temps de réflexion pour construire ses propres significations et ses propres informations à partir des événements vécus. Il pourra, par exemple, penser à ce qu’il a appris, exprimer ses sentiments ou sa position par rapport à ce qui s’est passé, séparer les éléments de l’expérience et rattacher ces éléments à ses savoirs antérieurs. La dernière étape consiste finalement à faire connaître à des tierces personnes la valeur de l’expérience vécue ou à essayer sur le terrain ce qui a été compris.
L’enseignement se termine généralement par l’évaluation qui occupe une place de choix dans le processus d’enseignement apprentissage, car c’est l’évaluation qui permet de savoir si l’enseignant a atteint ses objectifs ou pas. On ne peut pas enseigner sans évaluer
Il est possible de classer les méthodes pédagogiques à partir de 2 axes.
- L’axe enseigner-apprendre pour situer une méthode pédagogique en fonction de l’activité dominante dans la situation de formation.
- L’axe communiquer-instrumenter, pour identifier les modes d’interaction et de médiation privilégiés avec l’objet d’apprentissage (les relations de communication ou l’instrumentation).
1 - les méthodes magistrales: le savoir est considéré comme détenu par le formateur.
- La méthode magistrale
- La méthode interrogative
- La méthode démonstrative
2 - les méthodes actives centrées sur les relations
Les méthodes centrées sur les activités d’apprentissage et les relations de communication, souvent basées sur la résolution de problèmes concrets, professionnels ou existentiels.
Elles sont centrées sur le travail de groupe.
- Les pédagogies de l’implication
- Les pédagogies de l’action
3 - les méthodes d’apprentissage centrées sur une instrumentation
Ce sont les méthodes d’entrainement et de simulation
- Les jeux pédagogiques
- La simulation sur système virtuel
- Les pédagogies du projet
- Les formations ouvertes et à distance
4 - les méthodes d’enseignement instrumenté par des moyens
Il n’y a pas ou peu de relations de communication entre formateur et apprenants. Ce sont toujours des méthodes centrées sur le maître, à la différence près que ce dernier est en quelque sorte incorporé "dans la machine".
Les situations pédagogiques
Elles peuvent être classées en trois catégories selon la structure de la communication qu'elles proposent:
- les situations impositives collectives (le cours magistral et ses variantes technologiques: film, télévision, etc.)
-les situations interactives(toutes les formes de travail de groupe)
-les situations individualisées (qui vont de l'entretien avec un tuteur à la lecture individuelle d'un ouvrage, l'interrogation écrite ou l'étude grâce à un didacticiel).
"Les recherches s'accordent, en général, pour considérer que le degré de guidage cognitif varient ici en sens inverse de ce que l'on croit généralement; une situation magistrale perçue souvent comme très directive ne présente que peu de contraintes intellectuelles: pourvu que l'élève adopte un comportement qui donne l'impression d'être à l'écoute, son activité intellectuelle véritable est laissée entièrement à son initiative; en revanche une activité très individualisée comporte un contrôle beaucoup plus étroit de l'activité cognitive et la possibilité d'intervenir rapidement en fonction des difficultés qui apparaissent; les situations interactives peuvent, elles, être plus ou moins guidées selon le mode de fonctionnement qui est proposé ou imposé au groupe. En réalité, l'efficacité d'une situation pédagogique n'est pas liée à la structure apparente des relations interpersonnelles mais à la présence d'un conflit socio-cognitif chez l'apprenant: si les apports nouveaux entrent véritablement en interaction avec les représentations ou conceptions antérieures et que, à partir de cette interaction, le sujet peut stabiliser un nouveau système de représentations, alors il y aura véritablement progression. C'est donc bien cette question de l'existence ou non d'un véritable conflit socio-cognitif qui doit être posée quand on s'interroge sur la portée d'une méthode pédagogique en termes d'apprentissages."
Philippe MEIRIEU, http://www.meirieu.com